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[Appel] The 90s as a turning decade for Internet and the Web

Voici un appel à articles dédié à l’histoire d’Internet et du Web dans les années 1990 qui peut vous intéresser :

Call for Papers – Special issue of Internet Histories. Digital Technology, Culture and Society.

The 90s as a turning decade for Internet and the Web

This call for papers aims to revisit the history of Internet and the Web within a specific decade that coincides with the Web’s availability for the general public: the 1990s.
How did the course of Internet History change in the 90s? Which continuities and turns, tensions and debates emerged within the Internet community, within digital communities, and more generally within society at large? How can we map the Internet and the Web of the Nineties? Who were the key actors and more hidden figures of their adoption and massification? How can we characterize the digital cultures of the 1990s and reconstruct and revisit them? What did Web browsing meant for Internet users of the Nineties? How can we explain nostalgia today for this past Web?

We hope to explore these questions and many others in this special issue, through global, transnational, national, regional and local histories.

Suggested topics:

  • The mass diffusion of the Internet: its rhythms, patterns, issues, actors, limits
  • The emergence of the World Wide Web and the paths to the Web in the 90s
  • The heritage of previous times, models, projects and achievements in Internet history
  • “Eternal September” and other newcomers on the Internet and/or on the Web
  • The communication around the Internet and the Web (in media, advertisements, political or economic discourses, etc.) and their socialisation
  • The Internet’s commercial turn
  • The history of ISPs and of content providers
  • History of 90s websites and online communities
  • The controversies and debates that involved the Internet and Web during the 90s
  • The Web of the 90s and its relationship with convergent media dynamics/histories of the period (e.g. television, telecommunications, print…)
  • The topic of the Internet and the Web versus “older media” (in press, TV, radio, online)
  • The dot-com bubble
  • Digital archeology and the reconstruction of digital communities and vanished spaces
  • Digital tools and digital humanities for reconstructing and analysing the Web of the 90s
  • Discussions on the place and on the 90s turn within the history of the Internet and the Web (realities, limits, critics…)
  • The nostalgia for the past of the Internet and Web of the 90s

Of course, we encourage and welcome other topics and perspectives on the 90s as a turning decade for Internet and the Web.

Submissions

The proposals are to be submitted to

benjaminthierry@gmail.com

(without the )

explicitly mentioning CFP 90s

They need to fit on one page, detail an explicit angle of analysis and outline, and integrate a short bibliography.

Selected authors will be invited to submit then a full paper through the editorial system, which will undergo full peer review and will determine acceptance of papers for publication.

Calendar

Deadline for the submission of proposals: September 20th 2017

Notification of proposal acceptance: October 1st 2017

Submissions of the full paper (6000-8000 words): March 1st 2018

Feedback based on reviews: April 20th 2018

Deadline for Revisions: June 20th 2018

Internet Histories: Digital Technology, Culture and Society is an international, inter-disciplinary peer-reviewed journal concerned with research on the cultural, social, political and technological histories of the internet and associated digital cultures.

More information on the journal can be found here

Instructions for Authors are available here

Should you have any questions regarding this CfP, please feel free to contact us:

benjaminthierry@gmail.com

(without the )

Ce que les étudiants français pourraient apprendre de leurs camarades d’Abu Dhabi

PSUADComme chaque année, me voilà à PSUAD pour deux semaines durant lesquelles j’enseigne en première année d’histoire1.Le système des missions repose sur un séjour de 15 jours durant lesquels nous enseignons tous les matins entre 3,5 heures et 4h avec le même groupe pour délivrer un enseignement comparable à celui d’un semestre parisien. Pas vraiment le temps de lézarder au bord de la piscine en dépit de ce que l’on peut encore entendre ici ou là..

Outre le plaisir de renouer avec le soleil en plein hiver, j’y trouve matière à réflexion au contact d’étudiants aux nationalités et parcours souvent bien différents de ceux que je fréquente à Paris.

En vrac et sans exhaustivité, voici ce que m’inspire l’expérience et ce que nos ouailles parisiennes pourraient en tirer.

1. Les langues étrangères

En licence, les étudiants de PSUAD reçoivent leur enseignement en français. Qu’ils soient originaires des Émirats ou d’ailleurs, ils ont donc fait l’effort d’apprendre une langue étrangère et de suivre un cursus qui n’est pas délivré dans leur langue maternelle.

Bien entendu, nous faisons attention à ne pas faire comme si de rien n’était et nous prêtons un soin tout particulier à essayer de lever les ambiguïtés de vocabulaire par exemple.

Aussi, quand j’entends chez certain(e)s de mes étudiants parisiens que non, décidément, les ouvrages en langue étrangère de la biblio, faut pas compter sur eux, je me dis qu’il y a un peu d’efforts à faire sur l’apprentissage des langues…

2. Ailleurs

Dans mes cours, plus de la moitié des étudiants ne sont pas originaires des Émirats. Ils viennent d’ailleurs. Beaucoup sont arabophones et attachés à une culture musulmane qui les fait choisir PSUAD pour leurs études supérieures. D’autres sont là pour d’autres raisons et elles sont nombreuses et diverses.

Tous retirent un bénéfice certain d’avoir cédé à l’appel de l’ailleurs. Pendant un an au moins, ils ne sont plus dans leur zone de confort, loin de chez eux et au contact de personnes différentes.

Dans un cursus, je crois fermement qu’au moins un an à l’étranger est une bonne chose. Aller donc voir comment cela se passe de l’autre côté, là-bas, où vous pourrez vous frotter à d’autres méthodes d’enseignement, d’autres cultures universitaires (pour n’en rester que sur un plan estudiantin). C’est toujours formateur.

Je me également demande parfois, à la lumière du parcours de certains, si cela ne constituerait d’ailleurs pas le meilleur remède contre l’échec : et si vous manquiez d’air, tout simplement ?

3. S’émerveiller

Je ne suis pas un ravi de la crèche et je me doute bien que dans le lot de mes auditeurs, certains se contrefichent probablement royalement de ce que je leur raconte.

Néanmoins, une source toujours renouvelée de la joie d’enseigner à l’étranger est d’avoir cette interaction avec des étudiants qui ont une culture très différente de la mienne et qui s’émerveillent de la découverte de ce que je leur raconte.

Les questions posées, leur nombre et les réactions quotidiennes démontrent une capacité à s’émerveiller que je trouve assez souvent en berne chez beaucoup de mes étudiants parisiens.

Cette année encore m’en a apporté la preuve. J’avais cité pas mal d’ouvrages en forme de lectures complémentaires dans le cadre de mon cours l’année dernière. En arrivant à l’université il y a une semaine, une de mes anciennes étudiantes m’a presque sauté dessus pour me saluer et me montrer qu’elle était en train de finir l’un des ouvrages que je leur avais recommandé de lire il y a un an. Elle était enthousiaste, avec ce regard de celle qui a trouvé du sens (et du plaisir).

Dans une filière universitaire comme l’histoire, si vous ne ressentez pas ça, que vous reste-t-il ? Vous n’êtes quand même pas là pour la gamelle ? Ce serait une sacrée erreur d’appréciation…

P.S. L’université offre des bourses aux étudiants français pour les aider à concrétiser un projet d’études à Abu Dhabi. Vous pouvez vous renseigner auprès de votre UFR.

La liste de tâches en milieu universitaire. Des avantages de la rugosité numérique

van6Du fait de la position un peu étrange aux yeux de certains que j’occupe dans mon université – qu’est-ce que ça peut bien faire un vice-président responsable des Humanités numériques et des systèmes d’information ? – on vient parfois me trouver pour me faire faire du service après-vente ou me questionner sur des points à propos desquels je n’ai aucune compétence ou inclination particulière.

Je suis aussi sollicité pour donner mon avis – plus ou moins éclairé – sur tout un tas d’applications que les collègues souhaitent utiliser dans leur activité d’enseignement ou de recherche. Les modes se succèdent et les logiciels n’échappent pas à la règle. Il y a quatre ou cinq ans, mes collègues découvraient les réseaux sociaux. Quand je dis « mes collègues », je parle de celles et ceux qui ne sont pas particulièrement intéressés ou obligés de s’intéresser au numérique. « Tu crois que je devrais m’ouvrir une page LinkedIn ? », « Tu utilises Tweeter, toi ? », etc.

En parallèle, les logiciels de gestion de bibliographie dans la veine de Zotero pénètrent lentement, mais sûrement, le petit monde universitaire parisien.

Depuis quelques semaines, la mode semble se tourner vers la gestion des tâches, les to-do lists et tutti quanti. Est-ce une influence diffuse et à retardement en provenance du monde de l’entreprise ? L’effet des marées ? Je ne sais pas.

Le problème est que je n’en utilise pas moi-même. C’est un problème, car cela crée chez mon interlocuteur une lueur d’incompréhension et de déception alors qu’on lui a peut-être vanté les progrès spectaculaires que sa productivité personnelle pourrait faire s’il adoptait (enfin) ce genre d’applications dont regorge le Web.

J’en ai testé pas mal à vrai dire. Moi aussi, je me suis imaginé un temps qu’avec toutes ces cases à cocher et la gamification de mon quotidien, je n’oublierais plus rien, ni d’aller chercher les garçons à l’école, ni la recension à rendre…

Ça n’a pas marché du tout1. Aucun de ces logiciels n’a passé la semaine d’utilisation.

J’en suis donc revenu à un bon vieux fichier texte en multimarkdown dans lequel je liste – au sens propre du terme, c’est-à-dire à la queue leu leu – ce que je dois faire. Quand une tâche est réalisée, elle est cochée ([X],) c’est pas très beau, mais efficace) et va rejoindre un second fichier, intitulé « À faire archives.txt », tout bêtement classé par ordre chronologique.

C’est extraordinairement frustre, mais ça fait le job, grâce à Dropbox, c’est consultable depuis mon « malinphone » et les archives constituent une base de connaissances commode de mes activités passées.

D’une manière un peu inattendue, c’est aussi plus long, moins facile, d’y gérer les tâches à faire, mais beaucoup plus efficace. Comme je classe vaguement les tâches par projets, je cherche toujours un peu où je dois mettre la prochaine. Et justement… c’est ça qui est efficace. Il faut être un peu concentré quand on entre une tâche à faire et la mettre au bon endroit. Cela a deux gros avantages. Le premier est que l’on n’entre pas n’importe quoi. La rugosité du système implique de fait de sélectionner ce que l’on y met. La liste est ainsi moins encombrée. L’autre avantage est que le système est dépourvu d’alerte. Rien ne bipera dans votre poche quand vous oublierez le rendez-vous de 16h45. « Bah, c’est nul alors ! » Justement, non, puisque sans cette béquille, le remplissage ou la consultation de la liste des tâches devient un moment durant lequel « on est à ce qu’on fait » comme disait ma grand-mère. Elle sert finalement plus à mémoriser les choses à faire qu’à vous les rappeler alors que vous les avez oubliées comme ce que vantent la majorité des applications de gestion des tâches.

Je suis parfaitement conscient que cette position un peu iconoclaste ne peut pas être érigée en principe général pour nos vies numériques. À cette aune, pourquoi s’enquiquiner avec des interfaces graphiques ? Reprenons tous la ligne de commande ! Certes. Mais dans le même temps, alors que beaucoup s’épanchent sur la nécessité de se déconnecter ou de reprendre le contrôle d’une existence digitale qui semble leur échapper, il semble parfois bon de trouver une ligne médiane pour vivre mieux avec le numérique. La liste de tâches à la mano en est une.


  1. Sauf pour mes fils. Je ne les oublie pas. Merci de demander. ↩︎

 

La fin d’un monde

Les vacances d’hiver se terminent. Comme chaque année, le père Noël a apporté dans sa hotte bien garnie son lot d’ouvrages. De quoi se détendre et de quoi travailler.

Il a notamment eu la bonne idée de déposer sous mon sapin et à mon attention, le livre de François Jarrige, Technocritiques2.JARRIGE François, Technocritiques, La Découverte, Paris, 2016, 440 p. qui est absolument passionnant.

L’innocent opuscule a néanmoins créé chez moi une remise en question douloureuse. J’ai commencé à le lire avidement. Pour un historien des techniques, c’est une somme, un ouvrage important comme il en paraît un ou deux par décennie.

Armé de mon fidèle crayon de couleur, j’ai commencé à surligner frénétiquement tous les passages sur lesquels revenir ; une palanquée de citations et de références utiles.

Habituellement, je pratique une lecture initiale « de repérage » des ouvrages avant d’y revenir et de prendre en notes sur mon ordinateur personnel ce qui me semble devoir être réutilisé dans mes propres travaux ou mes cours.

J’ai toujours fonctionné comme cela et notre appartement est rempli d’ouvrages ; à peu près 10 000 en comptant les 2000 qui n’ont pas trouvé leur place et qui nous attendent à la cave. Nous sommes avec mon épouse des lecteurs frénétiques, des forçats de la note de bas de page, des stakhanovistes du marque-page. De plus, pour moi, cela fait partie du boulot.

La prise de notes est donc un moment assez long, mal aisé quand on souhaite taper sur son clavier et garder l’ouvrage ouvert à sa gauche en même temps. C’est aussi durant ces moments de reformulation et de recopie des citations marquantes, que l’on s’approprie un livre et la pensée de son auteur.

Mais cette fois, j’ai été découragé par l’entreprise. Il faut dire que Jarrige nous a livré une somme. Il y a quelque chose à conserver à chaque page, une piste à explorer dans chaque chapitre. Alors, vers la page 100, j’ai craqué et j’ai acheté la version numérique3.Sur le site de la Librairie Le Divan et pas chez l’ogre Amazon à qui il ne faut faire aucune confiance, bien entendu..

Lu sur l’iPad, l’ouvrage est surligné, annoté et tout cela est récupéré en un clin d’œil ensuite pour établir ou enrichir les fiches sur l’ordinateur.

La version papier est abandonnée à sa matérialité revêche dans un coin du salon.

De plus, avec la version électronique, la peur de l’oubli est conjurée. Si la substantifique moelle est résumée, condensée et organisée, le fichier est là, ouvert à la recherche plein-texte en cas de besoin. Un bonheur d’universitaire pressé et oublieux.

Alors, si tout va plus vite, est plus commode et en plus, n’encombre pas mes étagères, quelle est la raison de cette remise en question douloureuse ?

Eh bien, j’ai l’impression d’abandonner quelque chose que j’ai toujours connu et cela n’est pas facile. J’aime profondément ma bibliothèque, mes ouvrages et leur présence. Pour moi – cliché de l’intellectuel moyen – un appartement sans livres, c’est tout bonnement impensable.

Que va devenir ma bibliothèque si je me mets à lire exclusivement sur tablette ? Vais-je moins bien mémoriser ? Me réveiller un jour dans un vide quasi-complet où seuls les espaces numériques sont remplis de fichiers colorés ?

Ma bourse ne me permettant pas d’acheter systématiquement les deux versions : papier et électronique4.Je n’ai déjà pas de quoi acheter tous les livres qui me font envie… ceci dit, comme je n’ai pas le temps non plus de les lire, cela débouche au moins sur un équilibre de la frustration., il semble irrémédiable qu’une part toujours plus importante de ma bibliothèque future se dématérialise. Acheter les deux versions aurait quelque chose d’un peu vain également, une sorte de snobisme honteux de la lecture sur tablette que l’on cache derrière des rayonnages remplis de livres qui ne seraient plus jamais ouverts. Un peu à l’image de ces notables de province que l’on croise parfois dans les brocantes et qui achètent les livres au poids pour garnir la bibliothèque de leur résidence secondaire sans avoir l’intention d’en jamais n’ouvrir aucun…

Nous (je t’embarque dans ma galère, tu voudras bien m’excuser) voilà engagés dans une période de transition dont les effets à venir ne sont pas minces et je ne parle même pas ici des bouleversements sur l’économie de l’écriture et de la publication, mais simplement sur nos existences de lecteurs. La fin d’un monde ?

De quoi le Capes est-il le nom ? (2.)

Deuxième volet de cette série de billets sur la méthodologie concrète de la préparation du Capes d’histoire et de géographie.

Si la mise en place d’un planning annuel est un élément déterminant de la stratégie de production et d’acquisition des connaissances qu’il s’agit de maîtriser pour espérer réussir au concours, un niveau de granularité qui correspond à la semaine est également incontournable.

Assister aux cours. Oui, mais combien ?

La première chose à faire dans l’élaboration de son planning hebdomadaire est de « caser » les cours auxquels on pense devoir assister. Je dis à dessein « penser devoir assister » car cela peut grandement varier. Chaque année, je suis surpris de constater à quel point certain(e)s étudiant(e)s n’ont pas réellement de stratégie en la matière. J’incite fortement celles et ceux qui m’ont déjà entendu à aller faire un tour ailleurs et je rappelle qu’il ne faut assister à un cours que si ce dernier vous apporte réellement quelque chose. Dans le cas contraire, une bonne heure de travail personnel sera beaucoup plus productive.

Cette logique est d’autant plus importante qu’à Paris, l’offre est pléthorique. Le cours de M. Machin aborde des thèmes connus de vous ? Allez donc suivre celui de Mme Bidule à la place.

Les deux ou trois premières semaines doivent servir à vous constituer une offre d’enseignement réellement personnelle. Alors, bien sûr, j’entends d’ici les collègues responsables de la mise en œuvre des formations qui me diront que la gestion des flux est considérablement complexifiée par ce va-et-vient. Je le sais, mais je crois aussi que la possibilité de se constituer une formation « à la carte » est un facteur de réussite non négligeable.

Reste la question qui consiste à savoir combien de cours il faut suivre. Comme souvent (et de manière bien insatisfaisante pour les étudiants), je ne crois pas qu’il y ait de réponse précise. Encore une fois, il faut s’adapter à son profil, à ses attentes, à sa stratégie. N’oubliez pas : il faut travailler en priorité ses points faibles.

Vous êtes très peu connaisseur de l’épistémologie de la géographie ? Pourquoi ne pas suivre deux cours[1] ? Rien ne s’oppose à ce que vous fassiez ainsi. Bien entendu, la logique universitaire et administrative vous imposera d’être évalué dans un seul cours, mais la confrontation avec deux logiques enseignantes différentes vous donnera une perspective plus large sur un sujet ou un champ pour lequel vous devez « rattraper » un niveau correct dans la perspective du concours.

Pour répondre de manière un peu plus précise à l’épineuse question du « combien », je pense qu’il faut se créer une réelle parité entre le temps passer dans les amphis et les salles de TD d’un côté et son travail personnel de l’autre. Il faut se garder de croire qu’on obtient le Capes en ne faisant que suivre des cours !

Le cours comme cartographie des connaissances

Il faut en effet qu’à l’occasion de chaque cours suivi, vous prévoyez un temps de travail personnel correspondant. Croyez-le ou non, mais un enseignant ne dit JAMAIS tout ce qu’il souhaiterait vous dire et cela, que son cours dure une heure, deux heures ou trois jours (comme les master classes). Il faut d’abord combler ces silences. Il s’agit donc de reprendre vos notes avec votre documentation (manuels, articles, dans votre bibliothèque de travail) et de vous constituer des fiches sur cette base : qui est ce type à peine évoqué ? Ce concept, suis-certain de comprendre ce qu’il signifie ? Faudrait-il me faire une chronologie sur ce point pour être certain d’avoir les idées claires ?

Cette part du travail est incontournable. Trop d’impétrants laissent leurs cours en jachère et doivent ingurgiter dans les dernières semaines de l’année des cours insuffisamment compris.

Une heure de travail personnel par heure de cours semble être un ratio convenable.

Le principal intérêt des cours de préparation au concours est moins de vous apporter des informations (ça, vous devriez être capable de les trouver tout seul avec de bons ouvrages) que de vous aiguiller vers les problématiques importantes, les faits cardinaux, les éléments clefs de la question étudiée.

Si l’on accepte cette idée d’un cours comme cartographie de ce qu’il faut savoir plus que comme un volume d’informations à ingurgiter[2], l’on comprend combien il est important de les exploiter réellement une fois la porte de l’amphi franchie.

Dernier point, que vous entendez probablement depuis le collège ou même avant, la mémoire est ainsi faite qu’il est très facile de mémoriser à partir d’un travail quotidien et dont la charge de travail est répartie dans le temps. Cela signifie que ce travail à partir des cours doit se faire chaque jour, chaque semaine a minima.

En parallèle de ce travail de consolidation, il faut en plus prévoir des sessions de travail déconnectées de vos cours. Nous en verrons les caractéristiques dans le prochain billet.


  1. Dans le cadre d’un copinage éhonté, je signale que le cours d’épistémologie de la géographie du jeudi après-midi 13h–14h30 à l’Espé de Paris de Bertrand Pleven est un cours très apprécié et qui semble sacrément efficace étant donnée la quantité de lauréats qui reviennent ravis pour remercier l’ami Bertrand après Châlons.  ↩
  2. Ce qui démontre au passage toute l’importance du cours magistral que certain(e)s aiment à critiquer par incompréhension de son rôle réel ou par posture idéologique.  ↩

 

L’Ogre et la toile : ce que l’archive du Web fait aux historiens

Pour retrouver dans la dernière livraison de Socio notre article sur les archives du Web et leur utilisation par les historiens, cliquez ici.

« En dialogue avec les principaux fondements de l’épistémologie historique, cet article examine les enjeux, les attentes et les pratiques que suscite l’irruption des archives du web dans le champ de l’histoire du temps présent. Entre nouveauté des matériaux, héritage disciplinaire et continuité des méthodes, il s’agit de comprendre les redéfinitions à venir du rôle de l’historien. »

Comment le numérique invente ses utilisateurs (13 min CNRS)

Retrouvez ici mon intervention lors du 13 minutes du CNRS du 13 février 2014 :

Comment le numérique invente ses utilisateurs – Benjamin Thierry from Treize minutes on Vimeo.

Des premières interfaces apparues durant les années 1960 aux tablettes actuelles, en passant par les écrans du vénérable Minitel, le numérique n’a cessé de rendre la frontière entre l’utilisateur et la machine plus aisée à traverser. La diva de plusieurs tonnes emprisonnée dans sa salle climatisée s’est peu à peu transformée en outil du quotidien. Pour réussir ce tour de force, le numérique n’a cessé d’inventer de nouveaux usages, de susciter des manières de faire inédites pour inventer son public. Vous pensez utiliser votre machine ? Et si c’était l’inverse ?

Soutenance de thèse

Le 10 décembre 2013 à l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISSC), s’est déroulée ma soutenance de thèse de doctorat. Intitulée

DONNER A VOIR, PERMETTRE D’AGIR.L’INVENTION DE L’INTERACTIVITE GRAPHIQUE ET DU CONCEPT D’UTILISATEUR EN INFORMATIQUE ET EN TELECOMMUNICATIONS EN FRANCE (1961-1990)

elle a été réalisée sous la direction du Pr. Pascal Griset.

Le jury était composé de

M. Alain BELTRAN, Directeur de recherche au CNRS

M. Christophe LECUYER, Professeur àl’UniversitéPierre et Marie Curie

Mme Cécile MEADEL, Professeur àl’École des mines ParisTech

M. Pierre MUSSO, Professeur à l’Université de Rennes II et à Télécom ParisTech

Mme Adeline WRONA, Professeur au Celsa (Université Paris-Sorbonne)

Après soutenance, le jury m’a décerné la mention très honorable avec les félicitations à l’unanimité.

Le mémoire (trois tomes) est disponible ici :

Thèse-Benjamin-Thierry-Tome-1

Thèse-Benjamin-Thierry-Tome-3

Thèse-Benjamin-Thierry-Tome-2