Posts Tagged ‘Minitel’

3615 ne répond plus à l’ISCC

Mercredi, juin 13th, 2012
Colloque

36 15 ne répond plus
La fin du Minitel
Vendredi 29 juin 2012, 9h30 à 17h30
Institut des sciences de la communication du CNRS
20 rue Berbier-du-Mets, 75013 Paris
Entrée libre sur inscription à 3615@iscc.cnrs.fr
Le 30 juin 2012, en même temps que le réseau Transpac, s’arrêtera le trafic Minitel. Si ses usages ont été éclipsés par ceux de l’Internet dans la seconde moitié des années 1990, le Minitel a joué un rôle essentiel dans la diffusion sociale des technologies de l’information et de la communication en France. Sa conception technique (notamment le système Télétel), son approche économique (modèle du kiosque), son design et son graphisme, son interface homme/machine, ses messageries, ont construit une approche de « l’industrie de l’information et de la communication », qu’on interrogera de manière interdisciplinaire.
Ce colloque reviendra sur les évolutions, continuités, ruptures entraînées par la pénétration rapide et massive dans le grand public de ce système interactif. Il s’agira de penser son appropriation, ses enjeux et les usages de cette technologie par ses différents acteurs : acteurs des télécommunications, monde professionnel, éditeurs de services, grand public… Si la genèse du Minitel et les premiers usages sont bien connus, il est nécessaire de replacer cette technologie de linformation et de la communication dans le temps long de l’histoire des médias et de l’innovation, des sciences de l’information et de la communication, de l’histoire des entreprises, etc. 

http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1602

Programme 

9h > 9h30
Accueil 

9h30 > 9h45
Petite boite, grandes ambitions
Présentation de la journée par Valérie SCHAFER, Chargée de recherche à l’Institut des sciences de la communication du CNRS

9h45 > 10h10
Le temps des convergences
Pascal GRISET, Professeur, Paris-Sorbonne, Irice, CRHI

10h15 > 12h45
Première session : Une technologie « à la française »
Présidence : Muriel LE ROUX, Chargée de recherche au CNRS, IHMC CNRS ENS

Indisciplinés et disciplinés dans les débuts de la télématique
Alain LELU, Professeur en STIC à l’université de Franche-Comté, Laboratoire de sémiotique linguistique didactique et informatique (LASELDI), en délégation à l’ISCC

Le facteur humain dans la télématique, une forme d’ « humanisme technologique »
Benjamin THIERRY, PRCE Paris-Sorbonne, IUFM de l’Académie de Paris ; Centre de recherche en histoire de l’innovation

11h00 > 11h15
Discussion

11h15 > 11h30
Pause café

11h30 > 12h30

Les controverses autour de la télématique en France et en Europe
Thierry VEDEL, Chargé de recherche au CNRS, CEVIPOF

Opportunités manquées
Andrew FEENBERG, Canada Research Chair in Philosophy of Technology, School of Communication, Simon Fraser University at Harbour Centre, Vancouver

Minitel, iMode et iPhone – trois écosystèmes en trois décennies
Marie CARPENTER, Enseignant chercheur à Télécom Ecole de Management, Evry

12h30 > 12h45
Discussion

12h45 > 14h30
Pause déjeuner

14h30 > 14h50
Le Minitel, des débats prémonitoires
Dominique WOLTON, Directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS

14h50 > 17h00
Deuxième session : La fabrique des usages
Présidence : Benoît LE BLANC, Maître de conférences HDR en Informatique à l’Institut polytechnique de Bordeaux (IPB), Directeur adjoint de l’École nationale supérieure de cognitique de Bordeaux (ENSC)

Les usages sociaux du Minitel
Josianne JOUËT, Professeur, Université Panthéon-Assas Paris II, laboratoire CARISM

Aventure d’une bibliothèque et son catalogue sur Minitel. Le cas de la Villette
Maria WITT, Expert spécialisé en normalisation bibliographique et documentaire

15h40 > 15h55
Pause café

15h55 > 16h40

« Minitel », un innovateur tranquille
Jacques PERRIAULT, Professeur émérite, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Conseiller de l’Institut des sciences de la communication du CNRS

Du Minitel à Internet : ruptures et continuités
Hervé LE CROSNIER, Enseignant chercheur en informatique et sciences de l’information et de la communication à l’Université de Caen, en délégation à l’ISCC

16h40 > 17h00
Discussion

17h00 > 17h20
Conclusion par Patrice CARRÉ, Directeur du département Relations institutionnelles à la Direction des relations avec les collectivités locales France Télécom Orange, Président du Conseil Scientifique de Décider Ensemble

Conception scientifique
Valérie SCHAFER
valerie.schafer@iscc.cnrs.fr
Tél. : 01 58 52 17 43
Communication et Presse
Geneviève HATET-NAJAR
genevieve.hatetnajar@iscc.cnrs.fr
Tél. : 06 30 32 72 03

Le Minitel. L’enfance numérique de la France

Dimanche, juin 3rd, 2012

A l’occasion de la disparition du Minitel, nous publions avec Valérie Le Minitel. L’enfance numérique de la France chez Nuvis.

L’ouvrage est disponible ici et dans toutes les bonnes librairies à partir du 4 juin.

Vous pouvez le commander en version ebook sur le site de l’éditeur.

Le Minitel, l’enfance numérique de la France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Valérie SCHAFER et Benjamin G. THIERRY

Dans les années 1980, au moment de son apparition, le Minitel est voué à constituer un des principaux vecteurs de « l’information de la société ». Changement de perspectives dans les années 1980 : le Minitel est désormais responsable du retard français dans le développement d’Internet et symbolise la ringardise de la « France du monopole des télécommunications ». Née sous les auspices de la modernité triomphante, comment expliquer que la télématique finisse par symboliser les archaïsmes d’une société française à la traîne de la technologie ?
Le 30 juin 2012, le Minitel et le réseau Transpac qui le supportait disparaissent. Après trente ans d’une relatio n pa ssionnée avec les Français, il s’agit maintenant de construire une histoire qui dépasse la consécration, les anathèmes et la simple mise en valeur des ruptures entre télématique et Internet. C’est la place globale de la « little french box » dans l’histoire de la communication qu’il faut apprécier.
Ce livre a donc pour vocation d’inscrire ces réflexions dans la longue durée. En amont d’une part, en pensant la convergence dans les années 1960 entre informatique et télécommunications, le rattrapage téléphonique français, la politique et les stratégies de la puissante Administration des Télécommunications.  En aval ensuite, en montrant que les questions de gouvernance, les controverses sociotechniques, la fin supposée de la « civilisation du papier », la traçabilité ou encore l’anonymat ne naissent pas avec Internet.
Ce livre éclaire les problématiques qui ont traversé trente années d’existence du Minitel. Dispositif sociotechnique, expérimentations, modèles économiques, controverses et enjeux, acculturation des Français aux usages télématiques, passage du Minitel à Internet : cette histoire invite à réévaluer le rôle de cette petite boîte beige, qui constitue une exception française dans le paysage mondial des technologies de l’information et de la communication.

La 2CV contre la belle américaine

Mercredi, novembre 9th, 2011

C’est ainsi que j’ai résumé l’opposition – largement surestimée – entre la télématique et Internet en France lors de la conférence sur les 30 ans du Minitel (voir ici).

Apparemment, l’expression a fait son petit effet comme on peut en juger sur le blog du Master 2 pro Management des Médias de Sciences Po Rennes qui donne un résumé très complet de mon intervention grâce à Morgane Gaulon-Brain que je remercie au passage.

 

Vie et mort du Minitel

Dimanche, octobre 16th, 2011

Le 14 octobre 2011 nous avons dignement enterré le Minitel dans le cadre des conférences organisées par l’@rmorhistel à l’espace Ferrié de Rennes.

J’étais chargé de la mise en perspective historique en début de seconde table ronde.

L’évènement s’est particulièrement bien déroulé grâce à cette dynamique association de témoins qui montre, si besoin est, qu’on peut organiser des évènements d’importance pour notre culture technique commune.

 

La présentation de l’évènement par l’@rmorhistel :

Le Minitel a fêté les 30 ans de son lancement en octobre 2011. Pour célébrer cet anniversaire, ARMORHISTEL , en partenariat avec l’AHTI (l’Association pour l’Histoire des Télécommunications et de l’Informatique) a organisé à Rennes pendant le Festival National de la Science une manifestation comportant exposition et débats.

Cette manifestation a eu pour objectif de retracer l’histoire de cette grande innovation technique, industrielle et commerciale française des années 80 et d’analyser les continuités et ruptures entre le minitel et l’internet.

Elle comprenait deux volets principaux :

une exposition « grand public » retraçant l’histoire du minitel sous l’angle des services et de celui des équipements qui s’est tenue du 7 au 16 octobre 2011 à la Cantine numérique des Champs Libres ; l’exposition a été vue par plus de 530 personnes,

-  deux débats, le 14 octobre après-midi, dans l’amphithéâtre Hubert Curien des Champs Libres de Rennes, qui ont réuni les concepteurs et managers de l’époque et des acteurs  de l’internet aujourd’hui, autour du thème : « du minitel à internet : 30 ans de services en ligne ».

Quelques personnalités nationales ont honoré ces débats de leur présence dont Gérard Théry, ancien Directeur général des Télécoms qui prit l’initiative de lancer ce grand projet industriel et Jean Paul Maury qui fut le directeur du projet. Des valeurs sûres de l’internet, qu’elles soient locales ou nationales ont confronté leurs analyses sur les évolutions des services en ligne.

La première table ronde était consacrée à la naissance et au développement du projet, la seconde a traité des services et des usages, l’idée générale était d’associer des acteurs de l’époque mais également ceux d’aujourd’hui afin d’illustrer les apports du minitel et de Télétel aux services d’Internet, fixe ou mobile (hier éclairant aujourd’hui). Plus de 200 personnes ont assisté à ces débats.

 

Prévoir, ancrer et susciter l’usage

Mercredi, octobre 21st, 2009

Organisé cette semaine à Bordeaux par le Prof. Christophe Bouneau et le Prof. Yannick Lung, le colloque international

Incertitude et gestion de l’irréversibilité
dans les trajectoires d’innovation

me donnera l’occasion de présenter une intervention intitulée

Prévoir, ancrer et susciter l’usage
Les expériences françaises sur l’utilisation de la télématique

sur les divers projets liés à la définition de l’utilisateur des services télématiques en France dans les années 1980.

 

Colloque international de Bordeaux 2009

Mercredi, septembre 2nd, 2009

Les 23 et 24 octobre prochains est organisé à la MSHA de Bordeaux un colloque international intitulée

Incertitude et gestion de l’irréversibilité dans les trajectoires d’innovation

J’ai soumis un projet d’intervention sur les interfaces de la télématique pour ne plus communiquer uniquement sur l’ergonomie de l’informatique. En voici la substance :

Prévoir, ancrer et susciter l’usage.

Les expériences françaises sur l’utilisation de la télématique (1980-1990)

Benjamin Thierry – Allocataire-Moniteur de l’Université Paris-Sorbonne ; Doctorant en histoire contemporaine. Il prépare une thèse d’histoire contemporaine sous la direction du professeur Pascal Griset qui porte sur l’histoire de l’écran interactif dans la seconde moitié du XXe siècle et l’émergence de la notion d’utilisateur en informatique et en télématique.

A l’heure d’Internet, évoquer le Minitel suscite parfois moqueries et réflexions goguenardes à l’endroit de cet objet que le monde entier nous enviait sans jamais nous l’acheter. La télématique n’en fut pas moins un laboratoire bouillonnant pour la compréhension, la promotion et le développement d’usages nouveaux qui sont aujourd’hui fort répandues : système d’interaction clavier-écran, dialogue homme-machine, navigation dans des systèmes arborescents.

L’introduction expérimentale de 2500 terminaux « Télétel » à Vélizy en 1980, le test in situ de l’annuaire électronique en Ile-et-Vilaine dès 1983 et les nombreuses études ponctuelles réalisées par des acteurs privés (Institut Michel Jousse, Idate, etc.) ont permis l’établissement et la modification de normes textuelles, graphiques et ergonomiques qui concoururent à endiguer l’incertitude inhérente aux réactions et aux usages de ce nouveau média qu’est la télématique.

La sélection, la catégorisation (âge, genre, niveau de compétence supposé ou constaté, etc.) et l’observation raisonnée d’un public-cible fut l’occasion pour les Télécoms d’accumuler une somme inédite de données comportementales, sociales et cognitives qui servirent à l’adaptation continue du médium minitel.

C’est ce rapport subtil entre concepteurs et utilisateurs que nous souhaitons interroger par cette intervention en soulignant l’importance de la composante humaine dans l’établissement d’un grand projet de recherche ; composante humaine dont la plasticité a tendance à s’atténuer à mesure de l’acquisition de routines et d’habitudes d’utilisation,  générant ainsi un puissant effet d’irréversibilité des pratiques.