Posts Tagged ‘Ergonomie’

Comment le numérique invente ses utilisateurs

Samedi, avril 5th, 2014

Des premières interfaces apparues durant les années 1960 aux tablettes actuelles, en passant par les écrans du vénérable Minitel, le numérique n’a cessé de rendre la frontière entre l’utilisateur et la machine plus aisée à traverser. La diva de plusieurs tonnes emprisonnée dans sa salle climatisée s’est peu à peu transformée en outil du quotidien. Pour réussir ce tour de force, le numérique n’a cessé d’inventer de nouveaux usages, de susciter des manières de faire inédites pour inventer son public. Vous pensez utiliser votre machine ? Et si c’était l’inverse ?

Vidéo de l’intervention disponible ici.

 

13 minutes sur les interfaces homme-machine

Vendredi, février 7th, 2014

http://www.treizeminutes.fr/13minutes/actu.html

Soutenance de doctorat

Mercredi, décembre 11th, 2013

Le 10 décembre 2013, j’ai eu la joie de soutenir ma thèse de doctorat à l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC).

Intitulée « Donner à voir, permettre d’agir. L’invention de l’interactivité graphique et du concept d’utilisateur en informatique et en télécommunications en France (1961-1990) », elle reconstitue l’histoire de l’interactivité en informatique et en télécommunications depuis les années 1960 en tentant de répondre à cette interrogation : comment expliquer la diffusion rapide des outils numériques et dans le même temps la progression exponentielle de leur complexité et de leur puissance de traitement ? Pour le dire autrement, comment complexité technique et simplicité d’usage progressent-elles de concert quand tout semble les opposer ?

A l’issue de la soutenance, le jury m’a décerné la mention très honorable avec les félicitations à l’unanimité ce qui, inutile de le mentionner, m’a fait très plaisir après ces années de dur labeur (pas trop désagréables néanmoins, je vous rassure).

Pour télécharger les trois tomes de la thèse :

Thèse Benjamin Thierry Tome 1
Thèse Benjamin Thierry Tome 2
Thèse Benjamin Thierry Tome 3

Bonne lecture !

Des radios de lutte à Internet

Jeudi, octobre 11th, 2012

Publication de l’ouvrage collectif sous la direction de Françoise Blum « Des radios de lutte à Internet. Militantismes médiatiques et numériques » dans lequel nous signons avec Valérie un chapitre intitulé « Des chercheurs en informatique dans les années 1970, entre neutralité et militantisme, utopies et pragmatisme ».

Commander ici

Tables et présentation ici

Séminaire histoire de l’internet

Mercredi, novembre 9th, 2011

Le 23 novembre à l’ISCC se tiendra la première séance de HINT que j’aurai la joie de conclure.

Le programme de la séance :

 

HINT (Histoires de l’internet)

organisée par Valérie Schafer (ISCC) et Fanny Georges (Université Paris 3)

dans le cadre du pôle Gouvernance et usages de l’Internet de l’ISCC

aura pour thème

Histoires d’Usenet et d’Internet avant le web.

Nous aurons le plaisir d’accueillir, le mercredi 23 novembre 2011

Camille Paloque-Berges,

Docteure en Sciences de l’Information et de la Communication,

PRCE à l’IUT de Belfort-Montbéliard, Université de Franche-Comté

pour une intervention intitulée

« Modes d’emploi de l’Internet avant le web : entre pédagogie et folklore ».

Louis-Jean Teitelbaum,

Designer interactif, il a travaillé sur l’histoire et la sociologie des interfaces graphiques à Télécom ParisTech

pour une intervention intitulée

« La fenêtre sur l’extérieur : les interfaces d’internet avant le web »

ainsi que Yves Devillers et Michel Fingerhut en qualité de grands témoins.

Yves Devillers a été un pionnier dans les années 1980 de l’arrivée d’Internet et de ses services à l’INRIA et en France.

Il a contribué à la création de Fnet, un des premiers fournisseurs d’accès associatif à Internet en France.

Michel Fingerhut a été comme Yves Devillers un utilisateur et expert précoce de l’Internet.

Responsable informatique de 1986 à 1995 à l’Ircam, il a participé à l’arrivée d’Internet au sein de cet Institut.

 

Benjamin Thierry (PRCE Paris Sorbonne, Centre de Recherche en Histoire de l’Innovation) conclura la séance.

 

La séance aura lieu à

L’Institut des sciences de la communication du CNRS

20 rue Berbier-du-Mets,

75013 PARIS (métro Gobelins)

http://www.iscc.cnrs.fr/

de 14.00 à 17.00

Elle est ouverte à tous, sur simple inscription par messagerie électronique auprès des coordinatrices.

Prochaines séances:

14 décembre 2011, 14.00-17.00, Histoires de jeux

Intervenants : Alexis Blanchet  (IRCAV, Univ. Paris 3), Mathieu Triclot (IUT Belfort-Montbéliard), Philippe Bayle (Ubi Soft)

25 janvier 2012, 16.00-19.00, Histoires de FAI

Intervenants : Francesca Musiani (Mines Paris-Tech), Willy Duhen (LID2MS, Aix-Marseille Université) (autres intervenants en cours de confirmation)

21 mars 2012, 14.00-17.00, Histoires de rencontres

Intervenants: Julie Denouël (ITIC/Praxiling Univ. Montpellier 3), Fred Paillier (CSRPC /ROMA Univ. Grenoble II), Mélanie Gourarier (LAS/EHESS)

 

Coordination:

Valérie Schafer, ISCC.

Fanny Georges, CIM, Univ. Paris 3.

 

Le programme des séances suivantes.

 

Vie et mort du Minitel

Dimanche, octobre 16th, 2011

Le 14 octobre 2011 nous avons dignement enterré le Minitel dans le cadre des conférences organisées par l’@rmorhistel à l’espace Ferrié de Rennes.

J’étais chargé de la mise en perspective historique en début de seconde table ronde.

L’évènement s’est particulièrement bien déroulé grâce à cette dynamique association de témoins qui montre, si besoin est, qu’on peut organiser des évènements d’importance pour notre culture technique commune.

 

La présentation de l’évènement par l’@rmorhistel :

Le Minitel a fêté les 30 ans de son lancement en octobre 2011. Pour célébrer cet anniversaire, ARMORHISTEL , en partenariat avec l’AHTI (l’Association pour l’Histoire des Télécommunications et de l’Informatique) a organisé à Rennes pendant le Festival National de la Science une manifestation comportant exposition et débats.

Cette manifestation a eu pour objectif de retracer l’histoire de cette grande innovation technique, industrielle et commerciale française des années 80 et d’analyser les continuités et ruptures entre le minitel et l’internet.

Elle comprenait deux volets principaux :

une exposition « grand public » retraçant l’histoire du minitel sous l’angle des services et de celui des équipements qui s’est tenue du 7 au 16 octobre 2011 à la Cantine numérique des Champs Libres ; l’exposition a été vue par plus de 530 personnes,

-  deux débats, le 14 octobre après-midi, dans l’amphithéâtre Hubert Curien des Champs Libres de Rennes, qui ont réuni les concepteurs et managers de l’époque et des acteurs  de l’internet aujourd’hui, autour du thème : « du minitel à internet : 30 ans de services en ligne ».

Quelques personnalités nationales ont honoré ces débats de leur présence dont Gérard Théry, ancien Directeur général des Télécoms qui prit l’initiative de lancer ce grand projet industriel et Jean Paul Maury qui fut le directeur du projet. Des valeurs sûres de l’internet, qu’elles soient locales ou nationales ont confronté leurs analyses sur les évolutions des services en ligne.

La première table ronde était consacrée à la naissance et au développement du projet, la seconde a traité des services et des usages, l’idée générale était d’associer des acteurs de l’époque mais également ceux d’aujourd’hui afin d’illustrer les apports du minitel et de Télétel aux services d’Internet, fixe ou mobile (hier éclairant aujourd’hui). Plus de 200 personnes ont assisté à ces débats.

 

Une histoire de la stratégie de reconnaissance scientifique à l’Inria Rocquencourt: l’ergonomie de l’informatique et ses chercheurs (1969-1990)

Mardi, décembre 1st, 2009

Mon article paru dans le numéro 75 de la revue Flux intitulé

Une histoire de la stratégie de reconnaissance scientifique à l’Inria Rocquencourt: l’ergonomie de l’informatique et ses chercheurs (1969-1990)

est maintenant disponible sur Cairn ici.

 

Colloque international de Bordeaux 2009

Mercredi, septembre 2nd, 2009

Les 23 et 24 octobre prochains est organisé à la MSHA de Bordeaux un colloque international intitulée

Incertitude et gestion de l’irréversibilité dans les trajectoires d’innovation

J’ai soumis un projet d’intervention sur les interfaces de la télématique pour ne plus communiquer uniquement sur l’ergonomie de l’informatique. En voici la substance :

Prévoir, ancrer et susciter l’usage.

Les expériences françaises sur l’utilisation de la télématique (1980-1990)

Benjamin Thierry – Allocataire-Moniteur de l’Université Paris-Sorbonne ; Doctorant en histoire contemporaine. Il prépare une thèse d’histoire contemporaine sous la direction du professeur Pascal Griset qui porte sur l’histoire de l’écran interactif dans la seconde moitié du XXe siècle et l’émergence de la notion d’utilisateur en informatique et en télématique.

A l’heure d’Internet, évoquer le Minitel suscite parfois moqueries et réflexions goguenardes à l’endroit de cet objet que le monde entier nous enviait sans jamais nous l’acheter. La télématique n’en fut pas moins un laboratoire bouillonnant pour la compréhension, la promotion et le développement d’usages nouveaux qui sont aujourd’hui fort répandues : système d’interaction clavier-écran, dialogue homme-machine, navigation dans des systèmes arborescents.

L’introduction expérimentale de 2500 terminaux « Télétel » à Vélizy en 1980, le test in situ de l’annuaire électronique en Ile-et-Vilaine dès 1983 et les nombreuses études ponctuelles réalisées par des acteurs privés (Institut Michel Jousse, Idate, etc.) ont permis l’établissement et la modification de normes textuelles, graphiques et ergonomiques qui concoururent à endiguer l’incertitude inhérente aux réactions et aux usages de ce nouveau média qu’est la télématique.

La sélection, la catégorisation (âge, genre, niveau de compétence supposé ou constaté, etc.) et l’observation raisonnée d’un public-cible fut l’occasion pour les Télécoms d’accumuler une somme inédite de données comportementales, sociales et cognitives qui servirent à l’adaptation continue du médium minitel.

C’est ce rapport subtil entre concepteurs et utilisateurs que nous souhaitons interroger par cette intervention en soulignant l’importance de la composante humaine dans l’établissement d’un grand projet de recherche ; composante humaine dont la plasticité a tendance à s’atténuer à mesure de l’acquisition de routines et d’habitudes d’utilisation,  générant ainsi un puissant effet d’irréversibilité des pratiques.