La petite cuisine de l’historien : la bibliographie (1.)

Dans la cohorte de tâches plus ou moins répétitives que l’on doit accomplir à partir du Master, en thèse puis dans son quotidien de chercheur, la gestion de la bibliographie est probablement l’une des plus ingrates.

Il faut tenir à jour la liste des monographies, articles, archives et ressources numériques auxquels on fait référence dans ses productions scientifiques ; il faut fournir des bibliographies au cordeau pour ses publications, mais également pour les cours ; il faut dans le même temps garder un état assez précis de tout ce que l’on a consulté, lu ou fait semblant de parcourir.

Pour cela, rien n’est moins inutile qu’un logiciel de gestion de bibliographie. En gros, c’est une base de données qui permet de stocker dans ses champs les types d’informations nécessaires à l’identification de tous les types de documents qui vous passeront entre les paluches. La beauté du système
réside dans le fait que l’on peut formater « à la volée » ses références sans les retaper à la main. Il en existe des kilomètres, Zotero a ses fans – ce qui est justifié – mais pour ma part, j’utilise depuis une bonne dizaine d’années Bookends de Sonnysoftware qui ne tourne que sur Mac OS et qui est remarquablement stable, véloce et ergonomique.

Plus de 5000 références accumulées au fil des années et toujours une grande réactivité

Qu’est-ce que cela permet de faire concrètement ?
Disons que je prends des notes sur un ouvrage. Une monographie. Au hasard, sur L’illusion informaticienne de Francis Pavé que je viens de terminer cette semaine. Je rentre une nouvelle référence dans les champs qui sont présents dans Bookends après avoir sélectionné le type de référence, ici « Book ».

Ceci fait, je peux copier-coller – à la demande – la référence complète (pomme-k), formatée selon des règles que j’ai définies et cela donne ça :

PAVÉ Francis, L'illusion informaticienne, L’Harmattan, Paris, 1989, 270 p.

Mais je peux aussi ne copier que la référence sans mise en forme (pomme-y). Cela donne ça :

{Pavé, 1989, #85397}

et c’est ce qu’il faut faire quand, par exemple, on prend quelques notes sur le livre que l’on utilisera plus tard.

Pourquoi donc ?

Parce que selon que j’utilise mes références pour un livre, un article dans une revue ou dans une autre, j’aurais besoin de formatages bibliographiques différents.

Il suffira alors d’indiquer à Bookends quelle mise en forme adopter, lui faire scanner le document Word, rtf ou multimarkdown qui contient les références et l’on transforme ça :

{Pavé, 1989, #85397}

{Paveau, 2012, #65225}

en ça

PAVÉ Francis, L'illusion informaticienne, L’Harmattan, Paris, 1989, 270 p.

PAVEAU Marie-Anne, Ce que disent les objets. Sens, affordance, cognition, in Synergies, n°9, 2012, p. 53-65.

Si je demande à Bookends de passer du style « Normal » que j’ai élaboré moi-même pour mes bibliographies de cours et que je lui demande de formater le même passage en Chicago 15th B,

{Pavé, 1989, #85397}

{Paveau, 2012, #65225}

se transforme en

Pavé, Francis. 1989. L'Illusion Informaticienne. Paris: L’Harmattan.

Paveau, Marie-Anne. 2012. “Ce que disent les objets. Sens, affordance, cognition.” Synergies n°9 53–65.

Le logiciel comme ses concurrents est fourni avec une liste impressionnante de styles prédéfinis correspondants à des standards internationaux (universités, revues, laboratoires). On peut transformer nos notations en Xenotransplantation Style ? Pas de problème, on repasse de

{Pavé, 1989, #85397}

{Paveau, 2012, #65225}

à

PAVÉ F. L'illusion informaticienne. 1989: 270.

PAVEAU M-A. Ce que disent les objets. Sens, affordance, cognition. Synergies 2012: n°9: 53–65.

Bref, vous l’aurez compris, avec un logiciel de bibliographie, on ne retape plus ses références. On copie-colle à partir de son logiciel et on demande à celui-ci de faire le boulot de mise en forme. Cela représente un gain de temps conséquent. Dans le dernier texte que j’ai rendu, un « bête 35000 signes », il y a 61 références finales uniques, appelées 98 fois dans le texte. J’ai donc copié-collé 98 fois les références utilisées et Bookends a mis en forme (en gérant tout seul, comme un grand, les répétitions par exemple).

Et vous, vous allez taper et re-taper vos références à la main encore longtemps ?

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