De quoi le Capes est-il le nom ? (2.)

Deuxième volet de cette série de billets sur la méthodologie concrète de la préparation du Capes d’histoire et de géographie.

Si la mise en place d’un planning annuel est un élément déterminant de la stratégie de production et d’acquisition des connaissances qu’il s’agit de maîtriser pour espérer réussir au concours, un niveau de granularité qui correspond à la semaine est également incontournable.

Assister aux cours. Oui, mais combien ?

La première chose à faire dans l’élaboration de son planning hebdomadaire est de « caser » les cours auxquels on pense devoir assister. Je dis à dessein « penser devoir assister » car cela peut grandement varier. Chaque année, je suis surpris de constater à quel point certain(e)s étudiant(e)s n’ont pas réellement de stratégie en la matière. J’incite fortement celles et ceux qui m’ont déjà entendu à aller faire un tour ailleurs et je rappelle qu’il ne faut assister à un cours que si ce dernier vous apporte réellement quelque chose. Dans le cas contraire, une bonne heure de travail personnel sera beaucoup plus productive.

Cette logique est d’autant plus importante qu’à Paris, l’offre est pléthorique. Le cours de M. Machin aborde des thèmes connus de vous ? Allez donc suivre celui de Mme Bidule à la place.

Les deux ou trois premières semaines doivent servir à vous constituer une offre d’enseignement réellement personnelle. Alors, bien sûr, j’entends d’ici les collègues responsables de la mise en œuvre des formations qui me diront que la gestion des flux est considérablement complexifiée par ce va-et-vient. Je le sais, mais je crois aussi que la possibilité de se constituer une formation « à la carte » est un facteur de réussite non négligeable.

Reste la question qui consiste à savoir combien de cours il faut suivre. Comme souvent (et de manière bien insatisfaisante pour les étudiants), je ne crois pas qu’il y ait de réponse précise. Encore une fois, il faut s’adapter à son profil, à ses attentes, à sa stratégie. N’oubliez pas : il faut travailler en priorité ses points faibles.

Vous êtes très peu connaisseur de l’épistémologie de la géographie ? Pourquoi ne pas suivre deux cours[1] ? Rien ne s’oppose à ce que vous fassiez ainsi. Bien entendu, la logique universitaire et administrative vous imposera d’être évalué dans un seul cours, mais la confrontation avec deux logiques enseignantes différentes vous donnera une perspective plus large sur un sujet ou un champ pour lequel vous devez « rattraper » un niveau correct dans la perspective du concours.

Pour répondre de manière un peu plus précise à l’épineuse question du « combien », je pense qu’il faut se créer une réelle parité entre le temps passer dans les amphis et les salles de TD d’un côté et son travail personnel de l’autre. Il faut se garder de croire qu’on obtient le Capes en ne faisant que suivre des cours !

Le cours comme cartographie des connaissances

Il faut en effet qu’à l’occasion de chaque cours suivi, vous prévoyez un temps de travail personnel correspondant. Croyez-le ou non, mais un enseignant ne dit JAMAIS tout ce qu’il souhaiterait vous dire et cela, que son cours dure une heure, deux heures ou trois jours (comme les master classes). Il faut d’abord combler ces silences. Il s’agit donc de reprendre vos notes avec votre documentation (manuels, articles, dans votre bibliothèque de travail) et de vous constituer des fiches sur cette base : qui est ce type à peine évoqué ? Ce concept, suis-certain de comprendre ce qu’il signifie ? Faudrait-il me faire une chronologie sur ce point pour être certain d’avoir les idées claires ?

Cette part du travail est incontournable. Trop d’impétrants laissent leurs cours en jachère et doivent ingurgiter dans les dernières semaines de l’année des cours insuffisamment compris.

Une heure de travail personnel par heure de cours semble être un ratio convenable.

Le principal intérêt des cours de préparation au concours est moins de vous apporter des informations (ça, vous devriez être capable de les trouver tout seul avec de bons ouvrages) que de vous aiguiller vers les problématiques importantes, les faits cardinaux, les éléments clefs de la question étudiée.

Si l’on accepte cette idée d’un cours comme cartographie de ce qu’il faut savoir plus que comme un volume d’informations à ingurgiter[2], l’on comprend combien il est important de les exploiter réellement une fois la porte de l’amphi franchie.

Dernier point, que vous entendez probablement depuis le collège ou même avant, la mémoire est ainsi faite qu’il est très facile de mémoriser à partir d’un travail quotidien et dont la charge de travail est répartie dans le temps. Cela signifie que ce travail à partir des cours doit se faire chaque jour, chaque semaine a minima.

En parallèle de ce travail de consolidation, il faut en plus prévoir des sessions de travail déconnectées de vos cours. Nous en verrons les caractéristiques dans le prochain billet.


  1. Dans le cadre d’un copinage éhonté, je signale que le cours d’épistémologie de la géographie du jeudi après-midi 13h–14h30 à l’Espé de Paris de Bertrand Pleven est un cours très apprécié et qui semble sacrément efficace étant donnée la quantité de lauréats qui reviennent ravis pour remercier l’ami Bertrand après Châlons.  ↩
  2. Ce qui démontre au passage toute l’importance du cours magistral que certain(e)s aiment à critiquer par incompréhension de son rôle réel ou par posture idéologique.  ↩

 

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